"Sous l'aile du cygne", encres sur toile de coton, 50x50cm, 2026
Haïku :
"Sous l'aile du cygne,
Un corps bascule en silence.-
Le mythe tremble."
Nel silenzio lattiginoso della tela, Sous l’aile du cygne di Cécile Batillat si manifesta come un’apparizione sospesa tra sogno, memoria e archetipo. L’opera non racconta una storia lineare, ma costruisce uno spazio interiore dove figure umane, animali e vegetali emergono come frammenti di una mitologia privata, ricomposta attraverso la leggerezza dell’inchiostro e l’intensità del vuoto.
Il primo incontro avviene con il volto della bambina, posto in una dimensione quasi frontale e ieratica. Il suo sguardo non interroga soltanto lo spettatore: sembra attraversarlo, provenire da un luogo remoto della coscienza, da una zona primordiale in cui l’innocenza e la conoscenza non sono ancora separate. La sua presenza domina la composizione come una figura oracolare, una memoria ancestrale che assiste in silenzio alla scena sottostante.
Attorno a lei si dispiega un teatro di trasformazioni. Il cigno nero, creatura carica di una lunga tradizione simbolica, diviene qui una soglia tra mondi opposti: luce e ombra, purezza e desiderio, vita e dissoluzione. Non è il cigno idealizzato della tradizione romantica, ma un essere ambiguo, quasi tellurico, il cui corpo oscuro sembra nascere dalle stesse profondità dell’inconscio. La sua ala spalancata non è soltanto protezione: è una forza che avvolge, nasconde e allo stesso tempo prepara al cambiamento.
Il haïku che accompagna l’opera agisce come una chiave di lettura essenziale:
« Sous l’aile du cygne,
Un corps bascule en silence.
Le mythe tremble. »
In tre versi, Batillat condensa il nucleo poetico dell’intera composizione. Il corpo che “bascule”, che oscilla o precipita nel silenzio, rappresenta il momento liminale della metamorfosi: il passaggio da uno stato all’altro, il punto esatto in cui l’identità perde la propria stabilità. È proprio in questo istante che “il mito trema”: non come una distruzione del racconto originario, ma come il suo risveglio, il momento in cui la narrazione archetipica smette di essere un’immagine immobile del passato per tornare a pulsare nel presente.
La figura umana in movimento, attraversata da una tensione quasi coreografica, richiama una caduta, una lotta o forse una danza rituale. Il corpo appare diviso tra abbandono e resistenza, tra slancio e perdita di equilibrio. La fisicità non viene mai celebrata come dominio, ma come territorio fragile, esposto alla trasformazione. In questo senso l’opera si avvicina alle grandi narrazioni mitologiche della metamorfosi, nelle quali l’essere umano trova la propria verità proprio nel momento in cui perde la sua forma originaria.
La presenza del fiore di loto introduce un ulteriore livello simbolico. Nato dal fango e rivolto verso la luce, il loto è l’immagine universale della rinascita e dell’emersione spirituale. Collocato accanto al cigno nero, esso crea una tensione poetica tra oscurità e illuminazione, tra immersione nelle profondità e desiderio di elevazione. La trasformazione non è mai un processo puramente ascendente: richiede il contatto con l’ombra, con ciò che è nascosto e irrisolto.
Dal punto di vista formale, la scelta delle encres sur toile de coton è fondamentale. L’inchiostro non costruisce una materia pesante, ma una presenza instabile, fatta di velature, dissolvenze e improvvise densità nere. Le figure sembrano apparire e scomparire nello stesso momento, come immagini trattenute appena sulla superficie della memoria. Il bianco della tela non è uno sfondo neutro, ma un vero spazio di respirazione, un luogo del non detto in cui il visibile si apre all’invisibile.
La scrittura visiva di Cécile Batillat procede per evocazioni più che per affermazioni. Ogni elemento conserva un margine di indeterminazione: la bambina può essere un ricordo, un’anima, una divinità infantile; il cigno può essere una guida, una minaccia o un doppio; il corpo può cadere, danzare o rinascere. Questa ambiguità è la forza dell’opera, poiché rifiuta ogni simbolismo univoco e lascia lo spettatore in uno stato di ascolto.
In Sous l’aile du cygne, il mito non viene illustrato: viene attraversato. Batillat non rappresenta una leggenda conosciuta, ma il momento fragile in cui il mito nasce dentro il corpo, nel suo squilibrio e nella sua vulnerabilità. Il tremore evocato dal haïku è dunque il tremore della trasformazione stessa: l’attimo in cui ciò che siamo cede il passo a ciò che stiamo per diventare.
Sotto l’ala del cigno non c’è rifugio, ma passaggio. Non c’è protezione assoluta, ma l’accettazione di un movimento necessario: quello che conduce l’essere umano verso la propria metamorfosi.
© Maria Di Stasio, 2026
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- version française -
Dans le silence laiteux de la toile, Sous l'aile du cygne de Cécile Batillat se déploie comme une apparition suspendue entre rêve, mémoire et archétype. L'œuvre ne raconte pas d'histoire linéaire, mais construit un espace intérieur où émergent des figures humaines, animales et végétales, fragments d'une mythologie intime, réassemblés par la légèreté de l'encre et l'intensité du vide.
Le premier contact se fait avec le visage de l'enfant, placé dans une dimension presque frontale et hiératique. Son regard ne se contente pas d'interroger le spectateur : il semble le transpercer, venant d'un lieu reculé de la conscience, d'une zone primordiale où innocence et savoir ne sont pas encore dissociés. Sa présence domine la composition telle une figure oraculaire, une mémoire ancestrale témoin silencieux de la scène qui se déroule en contrebas.
Un théâtre de transformations se déploie autour d'elle. Le cygne noir, créature imprégnée d'une longue tradition symbolique, devient ici un seuil entre des mondes opposés : lumière et ombre, pureté et désir, vie et dissolution. Ce n'est pas le cygne idéalisé de la tradition romantique, mais un être ambigu, presque tellurique, dont le corps obscur semble surgir des profondeurs de l'inconscient. Son aile déployée n'est pas seulement une protection : elle est une force qui enveloppe, dissimule et, simultanément, prépare au changement.
Le haïku qui accompagne l'œuvre en est une clé essentielle :
« Sous l'aile du cygne,
Un corps se balance en silence.
Le mythe tremble.»
En trois vers, Batillat condense le cœur poétique de toute la composition. Le corps qui « se balance », qui oscille ou sombre dans le silence, représente le moment liminal de la métamorphose : le passage d'un état à un autre, le point précis où l'identité perd sa stabilité. C’est précisément à cet instant que « le mythe tremble » : non pas comme une destruction du récit originel, mais comme son éveil, le moment où la narration archétypale cesse d’être une image immobile du passé et se remet à palpiter dans le présent.
La figure humaine en mouvement, imprégnée d’une tension quasi chorégraphique, évoque une chute, une lutte, ou peut-être une danse rituelle. Le corps semble déchiré entre abandon et résistance, entre élan et perte d’équilibre. La physicalité n’est jamais célébrée comme une domination, mais comme un territoire fragile, exposé à la transformation. En ce sens, l’œuvre puise dans les grands récits mythologiques de la métamorphose, où l’être humain trouve sa propre vérité précisément au moment où il perd sa forme originelle.
La présence de la fleur de lotus introduit un niveau symbolique supplémentaire. Née de la boue et tournée vers la lumière, la fleur de lotus est l’image universelle de la renaissance et de l’émergence spirituelle. Placée à côté du cygne noir, elle crée une tension poétique entre l’obscurité et la lumière, entre l’immersion dans les profondeurs et le désir d’élévation. La transformation n'est jamais un processus purement ascendant : elle exige un contact avec l'ombre, avec ce qui est caché et irrésolu.
D'un point de vue formel, le choix des encres sur toile de coton est fondamental. L'encre ne crée pas une matière lourde, mais une présence instable, faite de voiles, de fondus et de soudaines densités noires. Les figures semblent apparaître et disparaître simultanément, comme des images à peine conservées à la surface de la mémoire. Le blanc de la toile n'est pas un fond neutre, mais un véritable espace de respiration, un lieu de l'indicible où le visible s'ouvre sur l'invisible.
L'écriture visuelle de Cécile Batillat procède par évocations plutôt que par affirmations. Chaque élément conserve une marge d'indétermination : la petite fille peut être un souvenir, une âme, une divinité enfantine ; le cygne peut être un guide, une menace ou un double ; le corps peut tomber, danser ou renaître. Cette ambiguïté est la force de l'œuvre, car elle rejette tout symbolisme univoque et place le spectateur dans un état d'écoute. Dans « Sous l’aile du cygne », le mythe n’est pas illustré : il est traversé. Batillat ne représente pas une légende connue, mais le moment fragile où le mythe naît au sein du corps, dans son déséquilibre et sa vulnérabilité. Le tremblement évoqué par le haïku est donc celui de la transformation elle-même : l’instant où ce que nous sommes cède la place à ce que nous allons devenir.
Sous l’aile du cygne, point de refuge, seulement un passage. Point de protection absolue, mais l’acceptation d’un mouvement nécessaire : celui qui conduit l’être humain vers sa propre métamorphose.
© Maria Di Stasio, 2026
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